En famille, tout un petit monde se déplace à vélo. Du choix de la destination à la question de l’école, en passant par les motivations de chacun ou la distance à effectuer chaque jour, les conseils et les avis sont nombreux.
« Dépêche-toi tu vas être en retard, range ta chambre, t’as toujours pas fait tes devoirs, lâche un peu l’ordinateur, la télé, la Play Station, Facebook et le portable » (cochez la bonne case) ! La vie de tous les jours dans nos sociétés développées ne laisse pas toujours assez de temps et de bons moments avec nos enfants. Alors, qui n’a pas un jour rêvé de prendre enfin le temps de ralentir, d’arrêter la course folle, un temps pour partager, écouter, s’entendre, s’émerveiller de la beauté du monde et de la richesse des hommes qui le peuplent ? C’est l’heure de voyager en famille !
Retrouver l’esprit famille
L’heure du risque zéro, toutes les raisons sont bonnes de ne pas le faire, risque d’accident, de santé, de fatigue, d’école… Pourtant nombre de familles de voyageurs ont déjà fait le saut. Un couple est parti pour des années de voyage, et a eu une petite fille en Nouvelle-Zélande… Ils ont poursuivi la route ensemble pendant cinq ans. Leur expérience a sans doute permis à nombre de familles de cyclo-voyageurs de se lancer. La vie à vélo ne s’arrête pas avec les enfants, au contraire !
À quel âge les enfants peuvent-ils partir ?
Dès quelques mois, le bébé est prêt partir. Confortablement assis dans son siège fixé dans la remorque, il profite pleinement de la très grande proximité avec des parents disponibles, un luxe ! Avec des petits, les contingences matérielles sont un peu plus lourdes… Couches, biberons, siestes, poids de la remorque… mais il n’y pas de contrainte pour l’école. L’enfant suit facilement, voyage avec son environnement, centré autour de ses parents et ne vit pas de grosses ruptures. Avec des enfants scolarisés, ces contingences matérielles disparaissent, l’enfant acquiert plus de souvenirs et de compréhension. En revanche, il lui est plus difficile de rompre avec son univers personnel, ses copains, ses activités… L’enfant ne suit plus, il s’exprime et il faut négocier (que dire quand les enfants sont majoritaires !), il participe pleinement la réalisation, voire l’élaboration du voyage. Les pré-ados, vers 11-12 ans, ont besoin d’avoir d’autres référents adultes que les seuls parents, les oppositions deviennent plus difficiles à gérer. Avec des copains et en petits groupes composés de plusieurs familles, ça passe tout seul, un vrai plaisir ! Le créneau 5-12 ans est sans doute le plus facile pour voyager avec des enfants.
Partir avec des adolescents
Plus difficile de partir longtemps en famille avec des ados. Ils n’ont certes plus aucune difficulté physique, mais le cercle familial est devenu un peu trop étroit. En revanche, un voyage vélo d’une ou deux semaines, en petits groupes de 4 à 10 copains/copines sous l’œil bienveillant d’un des parents est un vrai bonheur. Le vélo devient synonyme de liberté, d’autonomie, de vie au grand air. Découvrir à quinze ans que l’on peut traverser la France en quelques semaines, faire du camping sauvage et dormir sous les étoiles, se baigner dans les rivières, grimper les plus hauts cols des Alpes donne une sacrée dose de confiance en soi. En attendant, les vôtres rechignent-ils à partir faire un tour le dimanche matin ? Sont-ils rétifs à l’effort dès que vous voulez sortir, crient-ils au désespoir que vous dépassez les 15 kilomètres ? Rien de plus normal, ce qui intéresse d’abord les enfants, c’est de changer de cadre, manger par terre, dormir sous la tente, ne pas se laver (trop souvent), pas de chambre ranger… Plus qu’un sport, le vélo est d’abord un mode de transport, un moyen de découvrir sa mesure de nouveaux horizons.